mercredi 4 août 2010


PUDEURS
Ne pas dévoiler les divers petits soins, tels que bâillement, ma-quillage ou autres curages de dents que la bienséance réserve au huis clos d’une salle de bain, c’est de la pudeur. Ce respect des au-tres, cette attention, se caractérise également par une prévenance qui saura, par exemple, tenir une porte pour éviter qu’elle ne re-vienne sur le nez de la personne suivante.... et toutes les petites amabilités du savoir vivre ensemble. Contrairement à ceux qui, les oreilles reliées au baladeur, la main prolongée par la téléphonie sans fil et les yeux ailleurs, semblent se croire seuls au milieu de la foule.
Aujourd’hui, on qualifie d’« incivilité » cet empiétement du privé dans le public. Le rôle de la cité est précisément de réglementer l’usage de l’un et de l’autre ; les droits et les devoirs des concitoyens les uns envers les autres.
Pourtant, à la télévision, il est de bon ton de considérer la poli-tesse comme un cérémonial désuet et hypocrite. Dans certaines émissions, au nom d’une soit disant authenticité, le « faire simple » gaulois justifie la vulgarité ambiante : d’insolents démagogues as-similent le peuple à un grossier personnage. Et d’autres, pour « passer à la télé », n’hésiteront pas à laisser l’impudique caméra pénétrer à l’intérieur de l’intimé du foyer familial.
Cette désinvolte insouciance des autres, ce narcissisme qui s’étale sans réserve ne sont-ils pas une forme d’égoïsme ? La question mé-rite d’être posée. On peut trouver la réponse dans la première épî-tre aux Corinthiens de Paul : « S’il me manque l ’amour, je ne suis rien! …

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