Nous portons tous un masque - avec plus ou moins de nuances - c’est le jeu normal du vivre ensemble. Mais, parfois, ce masque est loin d’être innocent. Ainsi, le Tartuffe de Molière s’était déguisé en dévot : il jouait la piété pour obtenir gîte, couvert et même for-tune de celui qu’il bernait.
Aujourd’hui - où la mode est au « parler vrai » - dans le domaine de la publicité, par exemple, l’imposture s’est tellement banalisée qu’elle finit par apparaître insignifiante : il suffit de lire les affiches qui polluent notre environnement. L’inflation de superlatifs a vidé la parole de toute substance et annihilé la distance critique. Et nous ne sommes pas à une contradiction près : alors que partout l’authenticité tient lieu d’idéologie, les « annonceurs », qui règnent à la télévision, nous mettent en scène (à prix d’or) les vraies saveurs naturelles d’autrefois pour nous vendre un produit entièrement artificiel...
Pourtant cette tartufferie-là n’en est que plus perverse quand elle érige en système : l’action de masquer la réalité. A la farce a succédé toute une entreprise « scientifique » de propagande ou de techniques de vente, - c’est à dire de manipulation. Ayons toujours à l’esprit la signification du mot MANIPULATION : ensemble de manœuvres ayant pour but d’orienter ou d’infléchir les opinions, les comportements, les décisions d’une personne, d’un groupe ou d’une masse de telle façon que les personnes sur les-quelles portent les opérations ne se rendent pas compte des in-fluences tendancieuses qu’elles subissent. Certes, ces méthodes sont connues des universitaires, mais peuvent-ils réellement alerter le grand public ? On voit mal, en effet, une marque offrant un marché publicitaire à une chaîne de télévision qui aurait, dans sa grille de programmes, une émission au cours de laquelle des « spécialistes » démonteraient, point par point, les mécanismes d’une machine aussi séduisante !
Quand, parfois, nous prenons conscience de notre trop grande capacité d’absorption d’imagerie et de langue de bois, bien vite des sondages viennent nous absoudre - qui nous disent que nous sommes trop futés pour être dupes ! Car le sondage est le stade le plus raffiné de la manipulation. C’est génial, le sondage puisque c’est la preuve que nous avons des opinions et en même temps c’est le chemin imposé pour penser en consommateur conforme aux normes du commerce. D’ailleurs qui répondrait à un sondeur : « j’adore le crétinisme et la vulgarité des gentils animateurs, car la seule chose qui m’intéresse c’est rigoler regarder la publicité et consommer » ? Oh non ! La majorité des sondés se plaint toujours du manque d’émissions culturelles...
B a s les m a s q u e s !
Les mots eux-mêmes portent des masques : prenons, au départ, le mot LIBERTÉ : possibilité d’agir, de penser, de s’exprimer selon ses propres choix, dit le Larousse. De là, passons au LIBRE-RALISME : doctrine économique de libre entreprise selon laquelle l’ETAT ne doit pas, par son intervention, gêner le libre jeu de la concurrence.
Aujourd’hui, le libéralisme est devenu mondial, au point que certains estiment que ce libéralisme-là masque une loi de la jungle cynique et cruelle. C’est le cas de Philippe Labarde et Bernard Maris qui ont écris, en 1997, « Ah Dieu ! que la guerre économique est jolie ! » En voici seulement quelques définitions :
« La libéralisation de la circulation des capitaux tient plu-tôt, elle, de l’ouverture de la boite de Pandore. Présentée comme accompagnant logiquement l’essor du commerce international et la libre circulation des marchandises, elle a donné naissance à un nouveau pouvoir : celui des marchés. Les capitaux circulent donc librement, en tout cas plus librement que les hommes puisqu’il ne leur est pas demandé de visas ni de certificats de d’hébergement. Grâce à cette liberté de mouvement retrouvée, la communauté financière est en passe d'imposer son point de vue aux Etats. » ...
« Le triomphe du néolibéralisme étant acquis, il s’agit toujours de s’adapter à la nouvelle donne pour reprendre la phraséologie officielle, c’est à dire en clair de plier devant la dictature des marchés, de s’insérer tant bien que mal dans le processus de mondialisation tel qu’il est engagé, de dé réguler au maximum le marché du travail en y introduisant une plus grande flexibilité qui revient à faire dudit travail une marchandise comme les autres, dont le prix serait fixé par un patron libre et un salarié libre et de limiter le rôle de l’Etat à ses fonctions régaliennes – défense, justice, police. »
« Les nigauds qui voient dans le marché mondial uniformisé une sorte de monde enfin unifié, homogène, fraternel, n’ont rien compris à ce qu’étaient les guerres féodales... La mondialisation est indissociable de l’affranchissement du capital financier de toutes les institutions qui encadraient les opérations. C’est donc le capital porteur d’intérêts, le capital financier qui se sent habilité à faire valoir ses droits. »
« La mondialisation est la suppression sur tous les coins de la terre de l’Etat-Providence qui protégeait les plus faibles et les classes moyennes... La mondialisation est donc inséparable d’un mouvement de destruction de la protection sociale, de chômage de masse et d’alignement des conditions de salaire et de travail sur les pays où la main d’œuvre est la plus exploitée. »
On est loin de l’idéal républicain : « Liberté, Égalité, Fraternité » !
Aujourd’hui - où la mode est au « parler vrai » - dans le domaine de la publicité, par exemple, l’imposture s’est tellement banalisée qu’elle finit par apparaître insignifiante : il suffit de lire les affiches qui polluent notre environnement. L’inflation de superlatifs a vidé la parole de toute substance et annihilé la distance critique. Et nous ne sommes pas à une contradiction près : alors que partout l’authenticité tient lieu d’idéologie, les « annonceurs », qui règnent à la télévision, nous mettent en scène (à prix d’or) les vraies saveurs naturelles d’autrefois pour nous vendre un produit entièrement artificiel...
Pourtant cette tartufferie-là n’en est que plus perverse quand elle érige en système : l’action de masquer la réalité. A la farce a succédé toute une entreprise « scientifique » de propagande ou de techniques de vente, - c’est à dire de manipulation. Ayons toujours à l’esprit la signification du mot MANIPULATION : ensemble de manœuvres ayant pour but d’orienter ou d’infléchir les opinions, les comportements, les décisions d’une personne, d’un groupe ou d’une masse de telle façon que les personnes sur les-quelles portent les opérations ne se rendent pas compte des in-fluences tendancieuses qu’elles subissent. Certes, ces méthodes sont connues des universitaires, mais peuvent-ils réellement alerter le grand public ? On voit mal, en effet, une marque offrant un marché publicitaire à une chaîne de télévision qui aurait, dans sa grille de programmes, une émission au cours de laquelle des « spécialistes » démonteraient, point par point, les mécanismes d’une machine aussi séduisante !
Quand, parfois, nous prenons conscience de notre trop grande capacité d’absorption d’imagerie et de langue de bois, bien vite des sondages viennent nous absoudre - qui nous disent que nous sommes trop futés pour être dupes ! Car le sondage est le stade le plus raffiné de la manipulation. C’est génial, le sondage puisque c’est la preuve que nous avons des opinions et en même temps c’est le chemin imposé pour penser en consommateur conforme aux normes du commerce. D’ailleurs qui répondrait à un sondeur : « j’adore le crétinisme et la vulgarité des gentils animateurs, car la seule chose qui m’intéresse c’est rigoler regarder la publicité et consommer » ? Oh non ! La majorité des sondés se plaint toujours du manque d’émissions culturelles...
B a s les m a s q u e s !
Les mots eux-mêmes portent des masques : prenons, au départ, le mot LIBERTÉ : possibilité d’agir, de penser, de s’exprimer selon ses propres choix, dit le Larousse. De là, passons au LIBRE-RALISME : doctrine économique de libre entreprise selon laquelle l’ETAT ne doit pas, par son intervention, gêner le libre jeu de la concurrence.
Aujourd’hui, le libéralisme est devenu mondial, au point que certains estiment que ce libéralisme-là masque une loi de la jungle cynique et cruelle. C’est le cas de Philippe Labarde et Bernard Maris qui ont écris, en 1997, « Ah Dieu ! que la guerre économique est jolie ! » En voici seulement quelques définitions :
« La libéralisation de la circulation des capitaux tient plu-tôt, elle, de l’ouverture de la boite de Pandore. Présentée comme accompagnant logiquement l’essor du commerce international et la libre circulation des marchandises, elle a donné naissance à un nouveau pouvoir : celui des marchés. Les capitaux circulent donc librement, en tout cas plus librement que les hommes puisqu’il ne leur est pas demandé de visas ni de certificats de d’hébergement. Grâce à cette liberté de mouvement retrouvée, la communauté financière est en passe d'imposer son point de vue aux Etats. » ...
« Le triomphe du néolibéralisme étant acquis, il s’agit toujours de s’adapter à la nouvelle donne pour reprendre la phraséologie officielle, c’est à dire en clair de plier devant la dictature des marchés, de s’insérer tant bien que mal dans le processus de mondialisation tel qu’il est engagé, de dé réguler au maximum le marché du travail en y introduisant une plus grande flexibilité qui revient à faire dudit travail une marchandise comme les autres, dont le prix serait fixé par un patron libre et un salarié libre et de limiter le rôle de l’Etat à ses fonctions régaliennes – défense, justice, police. »
« Les nigauds qui voient dans le marché mondial uniformisé une sorte de monde enfin unifié, homogène, fraternel, n’ont rien compris à ce qu’étaient les guerres féodales... La mondialisation est indissociable de l’affranchissement du capital financier de toutes les institutions qui encadraient les opérations. C’est donc le capital porteur d’intérêts, le capital financier qui se sent habilité à faire valoir ses droits. »
« La mondialisation est la suppression sur tous les coins de la terre de l’Etat-Providence qui protégeait les plus faibles et les classes moyennes... La mondialisation est donc inséparable d’un mouvement de destruction de la protection sociale, de chômage de masse et d’alignement des conditions de salaire et de travail sur les pays où la main d’œuvre est la plus exploitée. »
On est loin de l’idéal républicain : « Liberté, Égalité, Fraternité » !

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