vendredi 6 août 2010


A propos de « L’assassinat d’Henri IV » téléfilm.
Suffit-il d’attendre, avec aise, pour rencontrer le désastre ?
Une chaîne – nationale ! – emmanche un sujet en or :
« L’assassinat d’Henri IV » …
Résultat : une catastrophique singerie de « La Reine Margot » ( Patrice Chéreau). Toutes ses difformités s’y étalent : atmosphère glauque, hémoglobine racoleuse et faux-semblant de scénario…
Comment traiter un pareil sujet avec la pastille qui l’interdit aux moins de 12 ans ? Colère noire – ou « sainte » - de la licenciée en histoire que je suis – qui eut la chance d’avoir Georges Duby pour maître !
Dans ce téléfilm, « L’assassinat d’Henri IV », en un temps d’irréligion ignare ou involontaire le Catholicisme et le Protestantisme sont-ils, au minimum, définis ? NON ! Que signifie « Huguenot » ? zéro…
Renaissance et l’Humanisme désertés !
La famille royale : bouffons incolores joués par des acteurs inconsistants. Certes le temps des Précieuses (ridicules ou pas) qui suivit fut un réflexe contre les mœurs de ruffians princiers ; scènes d’alcôve ou guerrières (ne nous épargnant pas la scatologie). Décousues donc illisibles.
Pourtant Charles IX reçut les leçons de Jacques Amyot, écrivit de jolis vers et un traité de la Chasse royale… Sa mort le 30 mai 1574, un mois avant son vingt-quatrième anniversaire, quelle aubaine cette tuberculose sensationnelle qui suinta le sang sur tout son corps ! Bien plus spectaculaire que la Saint-Barthélemy ! [ Dès le lendemain, Ambroise Paré procède à une autopsie et confirme que le roi est mort d'une pleurésie faisant suite à une pneumonie tuberculeuse. ] Sur ce corps sanguinolent je n’ai personnellement pas pu avoir de preuve par historien patenté…
Quant à la Saint-Barthélemy, justement c’est un deuxième massacre, si on peut oser aller jusque là… Un délire Incohérent qui induit le doute : une telle divagation camouflerait-elle la réalité ? Un événement secondaire.
Apparaîtra-t-on ringard en demandant une touche didactique et plus de rigueur historique – quand les réalisateurs n’ont pas toujours, au moins, le génie d’Alexandre Dumas ?
Et, pour couronner le tout, un soi-disant débat - qui tenait plus du café du commerce – entre un Gonzague en Débris et un trublion radiophonique !
Est-ce parce que les Protestants sont gent effacée ? Est-il passé le temps des vitupérations ?
Et les Tudor, vus par les américains, mieux vaut s’épargner devant tant de niaiseries qu’on repasse à satiété bien sûr… !
Le comble vient d’être atteint, en ce mois d’août : larmoyer sur le sort de la « pauvre et digne » impératrice Eugénie butor fanatique catholique dénuée de sens politique…

mercredi 4 août 2010


PUDEURS
Ne pas dévoiler les divers petits soins, tels que bâillement, ma-quillage ou autres curages de dents que la bienséance réserve au huis clos d’une salle de bain, c’est de la pudeur. Ce respect des au-tres, cette attention, se caractérise également par une prévenance qui saura, par exemple, tenir une porte pour éviter qu’elle ne re-vienne sur le nez de la personne suivante.... et toutes les petites amabilités du savoir vivre ensemble. Contrairement à ceux qui, les oreilles reliées au baladeur, la main prolongée par la téléphonie sans fil et les yeux ailleurs, semblent se croire seuls au milieu de la foule.
Aujourd’hui, on qualifie d’« incivilité » cet empiétement du privé dans le public. Le rôle de la cité est précisément de réglementer l’usage de l’un et de l’autre ; les droits et les devoirs des concitoyens les uns envers les autres.
Pourtant, à la télévision, il est de bon ton de considérer la poli-tesse comme un cérémonial désuet et hypocrite. Dans certaines émissions, au nom d’une soit disant authenticité, le « faire simple » gaulois justifie la vulgarité ambiante : d’insolents démagogues as-similent le peuple à un grossier personnage. Et d’autres, pour « passer à la télé », n’hésiteront pas à laisser l’impudique caméra pénétrer à l’intérieur de l’intimé du foyer familial.
Cette désinvolte insouciance des autres, ce narcissisme qui s’étale sans réserve ne sont-ils pas une forme d’égoïsme ? La question mé-rite d’être posée. On peut trouver la réponse dans la première épî-tre aux Corinthiens de Paul : « S’il me manque l ’amour, je ne suis rien! …

mardi 3 août 2010


"Rêver
un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure...


Se damner pour l'or d'un mot d'amour..."

Jacques BREL "La quête"

dimanche 1 août 2010

"Du plus loin que je me souvienne
L'ombre de mes amours anciennes
Du plus loin du premier rendez-vous,
Du temps des premières peines,
Lors, j'avais 15 ans à peine
Cœur tout blanc et griffes aux genoux,
Que furent j'étais précoce,
De tendres amours de gosses
Ou les morsures d'un amour fou,

Du plus loin que je me souvienne,
Si, depuis, j'ai dit "Je t'aime"
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous..."
BARBARA

jeudi 29 juillet 2010

Qu’est-ce qu’un Blog ?

D’abord posséder les moyens pour disposer d’un ordinateur.
Ensuite, apprendre à le maîtriser : dans ce but la boite magique (Internet) vous accommode une kyrielle de bidules tous pareils parce que provenant d’une même source : les U.S.A. Ainsi les décors n’ont rien d’inédits : juste un bric à brac ajusté pour se donner le gant de l’insolite sans précédent…


Quant au fond : entièrement anglo-saxon !
Orthographe triturée et culture européenne inexistante !
Un je ne sais quoi de n’importe quoi pourvu qu’on babille, jabote, potine, jacasse aveuglément.
On s’autoproclame critique littéraire pour critiquer quoi ? « Harry Potter » et des Mangas ! Sans la moindre distance : manque total de réflexion, circonspection intelligente : où est le discernement qui apporterait quelque pensée non-conformiste au lecteur ? D’ailleurs on nous montre de belles images de livres mais que devient la LITTÉRATURE ?

Eh pardi ! comment créer ex-nihilo ?
Ravauder et rafistoler la manipulation américaine ambiante pour se donner l’air « tendance »… mais grattez un peu e et vous serez happé par un vide culturel sidéral : Harry Potter a remplacé Baudelaire et Proust !
Voyez à quelle sauce ont été mis ces malheureux TUDOR ! Et que dire de l’horrible film américain qui massacre « Orgueil et Préjugés » de Jane Austen contre un extraordinaire téléfilm de la B.B.C ! N’évoquons pas « Les enfants du Paradis » (Cané / Prévert) ou « La Belle et la Bête » de J. Cocteau avec J. Marais.

C’est le serpent -de gauche - progressiste et non ronchonnant sa tradition"bien française" - qui se mord la queue, puisque j’ai, moi-même 3 blogs :

http://la-quete. blogspot.com/

http://abrlepourpoint.blogspot.com/.
.
… et celui que vous êtes en train de lire - si vous en avez la patience et la tolérance !

« La vie n’est qu’un fantôme errant, un pauvre comédien qui se pavane et s’agite durant son heure sur la scène et qu’ensuite on n’entend plus ; c’est une histoire dite par un idiot, pleine de fracas et de furie et qui ne signifie rien » « Macbeth », Acte V (Shakespeare)

jeudi 22 juillet 2010

S T O P !

« O temps suspends ton vol ! et vous heures propices,
Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours ! ... »

Las ! En ce XXIème siècle L’élocution elle-même s’est accélérée : quel interprète, de nos jours, se risquerait à bien détacher les soupirs lyriques de ces vers de Lamartine pour nous laisser le loisir d’en goûter la poésie ?
D’ailleurs ce cliché romantique apparaît bien dépassé : qui dispose d’un moment pour se hasarder à immobiliser le temps d’un soupir ?

L’époque est aux performances : effectuer le maximum de choses dans un minimum de temps...

Mais, quand on « pilote » un ordinateur, via Internet, avec ce je ne sais quoi de sentiment de puissance, ou quand le développement du tourisme parvient à « montrer » la Chine en une semaine, la tentation est grande d’accumuler ces expériences remplies de « nouvelles sensations»... et le temps s’écoule à toute vitesse - même si on croit vivre plusieurs vies simultanément ! Si vite qu’on omet de s’interroger sur l’intérêt et la validité de ces « nouvelles sensations »...

Notre destin, sur terre, se limite-il à ce mouvement de particules obéissant à une accélération généralisée ? L’expression « électron libre » - contrairement aux lois de la physique - symboliserait celui qui saurait résister à cette effervescence et dirait : « Je m’arrête pour réfléchir avant d’agir ». S’octroyer la liberté de disposer de son temps semble devenu, au-jourd’hui, dans nos pays développés, la conquête la plus ardue. Et, dans cette fuite en avant, la première personne négligée ne serait-elle pas soi-même ?
Les « temps morts », le silence sont autant nécessaires à notre existence que le brouhaha qui nous environne. Gaspillerait-on son temps en renouant quelquefois avec la vieille formule de Pascal, « L’homme est un roseau, mais c’est un roseau pensant » ? Exemple : se replonger dans la philosophie – vous savez cet antique « amour de la sagesse ». S’interroger : qu’est-ce qu’une pause ? Se questionner sur la façon dont on mène sa vie : discernement sur soi-même, discernement sur les relations avec autrui pour lesquelles intervient également ce facteur temps : perd-on son temps en essayant de les écouter ? Irait-on jusqu’à oser énoncer d’une autre manière la phrase d’un certain Jésus : « Aime ton prochain comme toi-même. »?

Et alors...

Peut-être songerait-on à tous ceux qui ont tout le temps de philosopher parce que les circonstances les ont placés « hors jeu ». Paradoxalement, en se trouvant seuls à regarder de loin ceux à qui la multiplication et la frénésie d’activités confère tant d’importance et de pouvoir, d’argent peut-être, ce temps, dont ils apparaissent riches, se vide de sens. Ils se sentent encore plus seuls, près du téléphone, immobilises par la maladie. Seuls, oubliés de leur famille ou de leurs amis ; et de l’espérance, qu’ils ont perdue ou n’ont jamais eue. Cette espérance et cette reconnaissance vraie des autres – non pas la flagornerie ! Elle leur donneraient le désir et l’énergie de participer, ne serait-ce qu’un petit peu, à la construction de la JUSTICE en ce monde. Si chacun apportait son petit grain de sable sans ostentation, pour une fois ! Quel bonheur d’échanger sans arrière pensée !